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Perspektywa rychłego rozszerzenia Uni Europejskiej o nowe kraje, w tym o Polskę, wywołuje we Francji coraz więcej emocji i dyskusji. Na tej stronie będziemy starali się prezentować wybrane (w sposób zupełnie subiektywny)fragmenty tej dyskusji. Będą to przede wszystkim artykuły z prasy francuskiej (najciekawsze fragmenty będziemy się starali - w miarę naszych, jak narazie, skromnych możliwości - tłumaczyć na język polski), opracowania, raporty i inne ważne (oraz mniej ważne) dokumenty.
Oczekujemy też na głosy tzw. "społeczeństwa cywilnego", tj. na wasze listy, reakcje i komentarze.



  • Ludy Europy: witamy w Unii!(lien externe) Artykuł Bernard'a Poignant i Gilles'a Savary, Le Monde, 09.10.2002. Ze względu na wage tego tekstu postanowiliśmy przedrukowac go w całości w wersji francuskiej.

    Ah ! Si l'Europe pouvait ne s'élargir qu'aux pays riches ! Leur arrivée serait facile a présenter aux peuples. Personne n'a rien dit quand l'Autriche, la Suede et la Finlande se sont jointes a nous en 1995. Cher Arnaud Montebourg, cher Christian Paul (page Débats du Monde du 20 septembre), les vaches a lait nous conviennent si le lait des vaches ne nous coute rien. C'est vrai qu'accueillir dix nouveaux membres peut inquiéter. Mais avez-vous vu de qui il s'agit ? La Tchéquie et Prague abandonnées a Hitler puis a l'URSS ; la Hongrie et Budapest écrasées en 1956 ; la Pologne et Varsovie, qui ont ébranlé la dictature communiste en 1980 et réveillé la liberté des peuples.
    Vous oubliez aussi le 9 novembre 1989 : ce jour-la, le peuple a décidé du premier élargissement qui n'a pas eu besoin de textes, d'articles, de traités, de technocrates ou de bureaucrates. La réunification de l'Allemagne a ouvert la porte de l'Histoire. Vous pouvez parler de lait, de viande, de poisson ou de toute autre chose, nous nous souvenons de notre joie ce jour-la : le totalitarisme s'effondrait.
    Les Espagnols nous ont rejoints quand Franco a disparu ; les Portugais, quand Salazar et Caetano ont rendu les armes. Venez voir Mario Soares au Parlement européen, vous rencontrerez l'essentiel de la vie : le pain, la paix, la liberté. Excusez du peu : c'est le slogan du Front populaire en 1936.
    Les Grecs aussi sont arrivés quand les colonels ont abandonné le pouvoir. Comme demain les pays des Balkans adhéreront a l'Union européenne parce que le tyran Milosevic est devant le Tribunal international. Il leur faut un peu de temps pour se reconstruire, et nous les aidons. A ce moment-la, il ne faudra pas protester : l'élargissement a ces pays est déja en marche. Bref, l& 39;Europe ne s'élargit pas, elle se réunifie.
    Nous n'aimons pas plus que vous cette mondialisation gangrenée par la spéculation, le lucre, les mafias et le cynisme marchand. Mais comment imaginer qu'une France boutiquiere, conservatrice de gauche et de droite, réduite a l'addition de ses égoismes corporatistes et de ses clientélismes électoraux, renoncerait a son message universel de solidarité, de liberté et de démocratie ? Comment insinuer qu'une France "d'en bas" puisse prétendre y faire face seule et compter encore dans le vaste monde ? Comment oser laisser aux portes closes de notre opulence et de nos émollients conforts domestiques ces peuples d'Europe qui ont subi tant d'épreuves et consenti tant de sacrifices admirables, pour échapper précisément aux désordres et aux dangers du monde qui nous entoure ?
    Comment, meme en comptabilité d'épiciers, ne pas voir notre intéret a y consolider la démocratie et la paix, a y élever le niveau de vie pour contenir pressions migratoires et délocalisations d'entreprises, a y garantir notre sécurité en modernisant leurs industries, en assainissant leur agriculture, etc. ? Ne rejoignez pas la cohorte des chagrins, des avaricieux et des oiseaux de mauvais augure, pas vous, pas nous, socialistes ! Ce n'est sans doute pas facile d'expliquer a nos Bourguignons, nos Aquitains et nos Bretons que la PAC de 1962 a fait son temps ! Ne cédez pas a la démagogie ; dites-leur la vérité : qu'élargissement ou pas, la PAC de 1962 est déja révolue parce que les Européens veulent une autre agriculture, parce que nous sommes en surproduction et puis, tout simplement, parce que la France, parce que Jacques Chirac en a accepté la réforme future au sommet de Berlin le 27 mars 1999 !
    Aidez plutôt nos agriculteurs a la sauver et a se sauver eux-memes en choisissant une agriculture plus durable, plus respectueuse de l'environnement et de la ressource en eau, plus soucieuse de qualité et de sécurité alimentaires, plus favorable aux territoires difficiles et aux petits exploitants, que la PAC a décimés sur l'autel du productivisme.
    Encouragez-les justement, pour préparer l'élargissement de 2004, a ouvrir la discussion sur la réforme des aujourd'hui, a mi-parcours.
    A vouloir désespérer Varsovie et le Charolais, avec de tels arguments, vous nous faites douter de la voie référendaire. Mais quel référendum au fait ? Un référendum par Etat membre soumis a quinze humeurs nationales ? Ou un référendum pour l'histoire, un vrai référendum européen a 15 ou au mieux encore a 25, un homme, une voix. Chiche, chers camarades démocrates. Bernard Poignant et Gilles Savary sont députés européens (PS).


  • W 2004 roku Unia bedzie liczys 25 członków. Tekst pani Anne-Sophie Crouzet.

    L’Union européenne s’apprête à vivre le plus important élargissement de son histoire. Le 1er janvier 2004, dix pays d’Europe centrale et orientale rejoindront les Quinze. Les négociations d’adhésion devraient ainsi se clôturer d’ici la fin de cette année, même si, à ce jour, les Etats candidats ne sont pas prêts. De nombreux efforts restent encore à accomplir, notamment en matière de lutte contre la corruption et de respect des minorités. Les Quinze doivent quant à eux s’accorder sur des points fondamentaux, comme l’agriculture et les fonds structurels. Enfin, une victoire du «non» au référendum irlandais sur le traité de Nice pourrait venir enrayer le processus.
    Un « big-bang » historique.
    «Acte de réconciliation extraordinaire et sans précédent» pour le président du Parlement européen Pat Cox, «chef d’oeuvre politique» pour le président de la Commission européenne Romano Prodi : l’élargissement qui s’annonce est d’une importance historique. Pour la première fois de son existence, l’Union européenne devrait accueillir en 2004 dix pays candidats. Dans son dernier rapport d’évaluation, la Commission estime que l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Slovaquie, la Slovénie, la République tchèque, la Hongrie, Malte et Chypre seront prêtes à cette date. Jusqu’ici, les élargissements successifs ne concernaient qu’une poignée d’Etats voire même un seul, comme ce fut le cas par exemple de la Grèce en 1981.
    Pourquoi donc avoir préféré un tel «big bang» au processus d’adhésions progressives initialement prévu, en fonction du «mérite» de chaque pays ?
    En premier lieu, cela évite les frictions diplomatiques qu’aurait inévitablement provoqué un élargissement «au compte-gouttes». Pour le président de la Commission européenne Romano Prodi et le commissaire Günter Verheugen, qui ont fait de cet élargissement un de leurs chevaux de bataille, il s’agissait également d’achever le processus avant la fin de leurs mandats, en 2004.
    Outre l’importance du nombre d’Etats, l’aspect historique de cet élargissement apparaît dans son caractère éminemment symbolique. Pour M. Verheugen, il représente «la fin de la partition artificielle de l’Europe provoquée par les deux guerres mondiales».
    L’entrée de dix nouveaux pays implique par ailleurs de revisiter en profondeur le fonctionnement de l’UE. Le passage à 25 Etats membres nécessite une refonte de ses institutions et du contenu de ses politiques. La Convention sur l’avenir de l’Europe présidée par Valéry Giscard d’Estaing travaille sur cette réforme et sur la rédaction in fine d’une Constitution européenne.
    L’autre défi de cet élargissement est d’intégrer des pays convertis depuis peu à l’économie de marché et dont le niveau de vie moyen reste très inférieur à celui des Quinze : le PIB par habitant n’atteint pas 40% de la moyenne des Etats membres actuels.

    Encore de nombreuses réformes à accomplir.
    Pour intégrer l’UE, les candidats doivent respecter trois critères fixés au sommet de Copenhague en juin 1993 : être une démocratie et un Etat de droit, être une économie de marché capable de résister à la concurrence du marché unique et avoir transposé en droit interne «l’acquis communautaire», c’est à dire toutes les règles européennes.
    Si, d’un point de vue général, le rapport de la Commission européenne précise que les dix futurs Etats membres remplissent ces critères, force est de constater que de nombreuses lacunes persistent.
    Malgré les mesures engagées, les pays d’Europe centrale et orientale peinent à se débarrasser de la corruption. Selon Bruxelles, ce problème «reste une cause de souci majeur», notamment en Lettonie, en République tchèque, en Slovaquie et en Pologne. L’exécutif européen demande ainsi à Varsovie «des efforts substantiels pour obtenir des résultats concrets, en particulier pour développer une culture politique, administrative et de business capable de résister à la corruption».
    La protection des minorités reste également problématique dans certains Etats. En Hongrie, les Roms font encore l’objet de réelles discriminations. La Lettonie doit quant à elle «accélérer» le processus d’intégration de sa minorité russe. Dans les Etats candidats, la justice connaît de nombreux dysfonctionnements et les législations concernant l’environnement, la sécurité sanitaire ou le blanchissement d’argent sale ne sont pas appliquées. De nombreuses mesures doivent par ailleurs être engagées pour assurer la sécurité aux futures frontières extérieures de l’UE.
    Sans masquer ces lacunes, la Commission a décidé de passer outre. Si ces pays ne sont pas encore prêts, ils «devraient l’être» d’ici un an pronostique Bruxelles. «On ne peut pas exiger d’un pays candidat qu’il soit prêt à 100% dix-huit mois avant l’adhésion» expliquent les services de Günter Verheugen. Le commissaire lui-même avoue «qu’il y a beaucoup de zones grises, mais 90% de l’acquis a été transposé, ce qui n’était pas de cas de la Grèce ou de l’Espagne au moment de leur adhésion. Dans aucun domaine, l’adhésion (des pays candidats) ne peut nous nuire».
    Bruxelles dispose par ailleurs de «moyens de pression» pour inciter les futurs Etats membres à accélérer leurs réformes. La Commission prévoit ainsi d’envoyer des «lettres d’avertissement préventif» à ceux qui n’avanceraient pas suffisamment à son goût. Elle a également prévenu que «les pays ne toucheront pas d’argent communautaire si leur système pour gérer la politique agricole commune ou les fonds structurels n’est pas prêt». Enfin, les nouveaux Etats pourront être assignés devant la Cour de justice de Luxembourg en cas de non respect de leurs engagements.

    Les Quinze seront-ils prêts?
    Si les Dix risquent de ne pas avoir comblé leurs lacunes avant l’adhésion effective, qu’en est-il des Quinze? Ceux-ci doivent en effet parvenir à établir un consensus sur les questions encore irrésolues avant de donner leur feu vert à l’élargissement lors du sommet de Copenhague qui se déroulera mi-décembre. Or, les chapitres de négociation les plus délicats ne font toujours pas l’objet d’un consensus.
    Les Quinze doivent s’accorder en premier lieu sur la politique agricole commune, notamment sur les aides directes et les quotas de production à attribuer aux nouveaux Etats membres. Sur ces points, les pourparlers s’annoncent difficiles. La Commission envisage une facture supplémentaire de 8,3 milliards d’euros pour 2004-2006, mais les contributeurs nets au budget européen, lassés de mettre la main au porte-monnaie, refusent ce chiffre et réclame une réforme de la PAC. La France, qui tient aux subventions accordées à ses propres exploitants, rejette quant à elle toute révision avant la date initialement prévue de 2006.
    La question des fonds structurels reste également à résoudre : quelle somme accorder aux nouveaux venus, dans quelles conditions? Autant de points sur lesquels les Etats membres actuels s’opposent.
    Les Quinze n’auront pas d’autre choix que celui de trouver un compromis dans le temps imparti, avant décembre. Le consensus final obéira donc inévitablement à la règle «du plus petit dénominateur commun» qui a par ailleurs souvent prévalu dans les négociations européennes. Il aura malgré tout le mérite de ne pas bloquer l’élargissement.

    La Bulgarie, la Roumanie et la Turquie sur le banc de touche.
    Sur les treize pays candidats, trois ne feront pas partie de l’énorme «première vague d’adhésion».
    Selon Bruxelles, la Roumanie et la Bulgarie ne sont pas en mesure d’intégrer l’UE dès 2004, mais «leurs progrès au cours de l’année dernière conduisent la Commission à conclure que l’année 2007 doit être envisagée comme une date indicative pour l’adhésion, à la condition que chaque pays réunira les critères de Copenhague et conclura avec succès les négociations». L’exécutif européen va ainsi proposer à ces deux Etats des «feuilles de route» détaillées indiquant les étapes que ceux-ci doivent franchir pour être prêts et définissant des critères précis permettant de vérifier les progrès accomplis. Sont notamment visés la lutte contre la corruption et le respect de la minorité Rom.
    Sofia et Bucarest, conscients de l’impossibilité d’accéder à l’UE d’ici quinze mois, se satisfont de la proposition bruxelloise. La Bulgarie, devenue aujourd’hui «une économie de marché qui fonctionne», craint cependant que son adhésion ne soit retardée par la Roumanie invitée «à progresser en ce sens».
    La Turquie est quant à elle très déçue du rapport de la Commission, qui n’a proposé aucune date pour l’ouverture des négociations d’adhésion. Malgré les récentes réformes de démocratisation engagées par Ankara - abolition de la peine de mort et octroi de droits culturels aux Kurdes- de nombreuses carences persistent. Bruxelles évoque ainsi «les lacunes de la lutte contre la torture et les mauvais traitements, le contrôle de l’armée sur les civils, la situation des personnes emprisonnées pour avoir exprimé des opinions non violentes, le travail des enfants et la corruption».
    Selon le ministre turc des Affaires étrangères Sükru Sina Gürel, le verdict de Bruxelles risque de «peser sur les relations entre la Turquie et l’UE», notamment sur la question de Chypre, qui devrait intégrer l’UE dès 2004. Ankara occupe en effet la partie nord de l’île, l’autre partie, la plus importante, étant grecque. Néanmoins, de nombreux observateurs s’accordent à penser que la Turquie n’aurait aucun intérêt à tenter de nuire à l’adhésion de Chypre, car cela retarderait d’autant plus son propre processus d’adhésion.

    L’aléa du référendum irlandais.
    Après avoir rejeté une première fois le traité de Nice en juin 2001, le peuple irlandais doit à nouveau se prononcer le 19 octobre. La ratification de ce texte par chacun des Quinze est en effet indispensable, car il contient les aménagements permettant l’élargissement de l’UE.
    Selon les sondages, le résultat de ce nouveau référendum devrait être positif. Une victoire du «non» doit cependant être envisagée. Si tel était le cas, cela «créerait une crise sans précédent» affirme le Premier ministre danois, dont le pays assure actuellement la présidence tournante de l’Union.
    Un résultat négatif aurait pour conséquence l’impossibilité de faire entrer le traité de Nice en vigueur, et donc de réaliser l’élargissement comme prévu. Il faudrait alors intégrer les dispositions qu’il contient dans les traités d’adhésion, ou demander à la Convention sur l’avenir de l’Europe de revenir sur l’élargissement. Sans bloquer formellement le processus d’intégration des nouveaux Etats, cela le retarderait sans doute considérablement.

    Du côté des futurs membres...
    Désormais assurés de faire partie de l’UE d’ici quelques mois, les dix pays candidats regardent l’avenir avec prudence.
    Considérée par les pays d’Europe centrale et orientale comme la juste réparation d’une injustice historique, celle d’avoir été abandonnés aux mains de l’URSS, l’adhésion à l’Europe est perçue avec inquiétude par les futurs citoyens européens. Ceux-ci s’inquiètent du peu d’enthousiasme montré par leurs homologues de l’Ouest quant à l’élargissement.
    Les futurs Etats membres craignent également de ne pas pouvoir faire entendre leur voix dans la cacophonie de l’Europe à 25. Après des décennies d’hégémonie soviétique, ceux-ci redoutent que les «diktats de Bruxelles viennent remplacer ceux de Moscou» précise Kristiina Ojuland, chef de la diplomatie estonienne.
    Les futurs Etats membres souhaitent ainsi jouir d’un traitement égal à celui des «anciens». Dans l’hypothèse d’un bon déroulement du processus d’élargissement, les Dix auront la possibilité de participer aux élections européennes de 2004, et donc de s’exprimer au sein du Parlement européen. Reste à savoir quel sera le poids de ces Etats lors des futurs Conseils européens et dans le processus décisionnel de l’UE.
  • Valéry Giscard d'Estaing sur les travaux de la Convention européenne - Le Monde, 23.07.2002, lien externe
  • La France, la Russie et l'Europe PAR JEAN-JACQUES BONNAUD, JEAN-PIERRE PAGÉ, JACQUES SAPIR ET JEAN-LUC SCHAFFHAUSER
    Le Figaro, 19 juillet 2002, lien externe
  • Il ne faut pas confisquer le débat sur l'Europe, par Pierre Moscovici
    LE MONDE, Lundi 1er juillet 2002, lien externe
  • Jean-Pierre Raffarin ignore l'Europe
    LE MONDE, Vendredi 5 juillet 2002, lien externe
  • Les négociations sur l'élargissement divisent les dirigeants polonais
    LE MONDE, Vendredi 5 juillet 2002, lien externe

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